Les bibliothèques de la fondation Calvet Histoire & présentation

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La bibliothèque Calvet, propriété de la Fondation Calvet est entreposée depuis 1982 dans le bâtiment acquis par les Jésuites en 1504 pour y installer leur collège. Le bâtiment est constitué principalement par la livrée cardinalice construite par Annibal Ceccano, archevêque de Naples, mort en 1350.
La bibliothèque était auparavant abritée dans la vieille abbaye de Saint-Martial de 1810 à 1835, puis dans l’hôtel de Villeneuve-Martignan, avec le musée Calvet.

Cette bibliothèque a une double origine : l’ancienne bibliothèque municipale proprement dite et la bibliothèque personnelle d’Esprit Calvet.


La première a été formée, comme les établissements du même genre, avec les livres des institutions religieuses supprimées pendant la Révolution. Ces dernières étaient par ordre d'importance bibliographique : pour Avignon, les Célestins, les Dominicains, le chapitre Notre-Dame des Doms, les Carmes, les Franciscains, les Doctrinaires, les Récollets, les Oratoriens, etc. et en dehors d'Avignon, les Célestins de Gentilly (à Sorgues), les Chartreux de Bonpas, ceux de Villeneuve-lès-Avignon, les Bénédictins de la même ville, les Capucins de Montfavet, etc. Les livres d'émigrés étaient en petit nombre et de peu d'importance.

Cette dernière bibliothèque constitua, avec les tableaux et les objets d'art confisqués, un « Museum et dépôt littéraire » installé dans l'abbaye gothique de Saint-Martial ; son conservateur fut Vincent Meynet (1739-1804), ancien chanoine coadjuteur de Saint-Agricol.

En l'an XII (1804), l'État, qui était propriétaire du Museum et dépôt littéraire, en céda la jouissance à la Ville.

On sépara alors le Musée et la Bibliothèque, ou plutôt on donna à chacun un conservateur spécial. Le bibliothécaire fut l'ex-chanoine André-Guillaume Calvet petit parent d’Esprit Calvet (1759-1825), qui classa la bibliothèque, la catalogua et l'ouvrit au public dès 1806. Cette bibliothèque était déjà abondante ; elle comptait 26.451 ouvrages, parmi lesquels 619 manuscrits, les plus précieux de la bibliothèque actuelle, entre autres l'Évangéliaire enluminé de Saint-André de Villeneuve, du IXe siècle ; le Pontifical noté de la chapelle papale, donné par le pape Jean XXII à Notre-Dame des Doms ; des missels du XIVe siècle, notamment celui du pape Urbain V représenté plusieurs fois dans les lettres initiales ; le livre d'heures du Bienheureux Pierre de Luxembourg ; le psautier des Boucicaut, etc.

En 1810, Esprit Calvet, médecin-archéologue, fonda par testament une seconde bibliothèque publique.

« Appelé par goût à l'étude et au célibat, disait-il, je m'étais proposé, dès l'âge de quinze ans, d'établir à perpétuité une bibliothèque publique dans ma patrie qui en manquait ». La création de la bibliothèque municipale ne le fit pas renoncer à son intention ; mais il eut soin de spécifier que ses livres ne seraient «jamais confondus et mêlés» avec ceux de la Ville. Sa bibliothèque était «peu nombreuse, mais choisie», - ce sont ses propres expressions ; - elle comptait  environ 1.400 ouvrages imprimés intéressant principalement l'histoire, l'archéologie et les lettres anciennes, plus quelques manuscrits parmi lesquels un beau Lactance enluminé, les œuvres autographes de Calvet et la copieuse correspondance échangée par cet érudit avec les savants de son temps. À sa bibliothèque, il avait adjoint des cabinets d'antiquités, de numismatique et d'histoire naturelle qu'il légua en même temps ainsi que la totalité de sa fortune.


En 1826, la Bibliothèque municipale et la Bibliothèque Calvet qui avait le titre de « Museum Calvet » furent réunies en un seul établissement. Comme Calvet, testateur prévoyant, avait interdit la fusion à son détriment, on tourna la difficulté en « donnant » purement et simplement la Bibliothèque municipale au Musée Calvet ; c'est ce qui explique pourquoi la Bibliothèque d'Avignon a une constitution spéciale, absolument unique en France, qui résulte des dispositions testamentaires de Calvet codifiées dans un règlement organique dressé par le Conseil d'État le 19 mars 1823, modifiée le 26 août 1831 et le 7 mars 1832.

Partie intégrante de la Fondation, elle jouit de la qualité d'établissement public dont cette institution a été dotée dès sa fondation, ce qui lui a permis de recevoir directement des dons et des legs.
Elle est dirigée par un Conseil d'administration qui n'a d'analogue que les Conseils des trustees des bibliothèques anglaises. Les trustees avignonnais sont :

Depuis sa fondation, la bibliothèque Calvet s’est accrue d’une façon considérable. Elle compte aujourd’hui plus de 250 000 volumes imprimés, dont 703 incunables et près de 7 000 manuscrits, un fonds de dessins et d’estampes d’environ 40 000 pièces, plus de 2 000 anciens périodiques et journaux, un fonds photographique sur Avignon et le Vaucluse exceptionnel.

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